Expositions au Frac
MYRIAM MECHITA
Entrer dans la nuit de la nuit (i’m an animal)
vernissage vendredi 30 mai 2008 à 18h30 au Frac
Myriam Mechita est née en 1974 à Strasbourg. Elle vit et travaille à Paris.
Comme des segments d’une pensée en cours, les œuvres de Myriam Mechita
initient un parcours dans un paysage mental libéré. Les matériaux et
techniques utilisés dessins, perles, recouvrement de formes, requièrent
temps et méticulosité cependant qu’ils emportent leurs sujets -
animaux, paysages - vers des univers autrement inquiétants, traversés
par des forces contradictoires - désir, mort, énergie, douceur,
frustration... Au Frac Basse-Normandie, Myriam Mechita projette un
nouvel espace, à la fois une pensée et une déambulation, s’appuyant sur
l’architecture du lieu. Une envie d’espace dan l’espace.
Le titre Entrer dans la nuit de la nuit (i’m an animal)
inscrit au fer rouge sur le mur, empreinte violente et indélébile,
accompagné de la composition musicale douce et répétitive de Thierry
Lhiver qui évoque une fiction cinématographique donnent le tempo de
l’exposition. Nuit sans sommeil qui procure une sorte de vertige lent
où les émotions et la pensée sont à la fois exacerbées, étirées et
fulgurantes, Entrer dans la nuit de la nuit serait comme pénétrer dans
cette zone aux projections illimitées où tout peut exister.
Une envolée de paillettes collée au mur plante le décor d’une sorte
de chapelle païenne baroque et scintillante. Le mur devient peau et les
dessins en creux de tatouages surdimensionnés (bateaux, îles et pin-up)
créent un paysage qui n’ouvre sur aucun espace réel, à la frontière du
visible sans repère possible. Deux formes de cerfs couchés sur le flanc
recouvertes d’aluminium, flirtent également avec cette frontière. Une
traîne de perles prolonge leur « armure ». Dans cet espace fermé, le
regard teste ses limites dans un va-et-vient entre les formes et les
reflets.
Au contraire, le film en boucle Quelque part sans langage ni rue,
tourné dans Monument Valley, territoire à la fois familier et étrange,
ouvre l’espace. Seule la mélodie fredonnée par une femme (la chanteuse
Chloé Mons) assise dans ce désert rouge, trouble le silence de ce
paysage excessif et inhospitalier. Le vent emporte ses paroles et son
corps se confronte, dans un combat inégal, aux éléments, à la couleur
rouge d’un espace infini.
Dans la même salle, un véhicule deux roues accidenté, traîne
derrière lui des flots de perles qui l’alourdissent et l’empêchent
d’avancer. Un amoncellement de cartes à jouer percées d’épingles, crée
une montagne fictive. Le château de cartes annonce un jeu impossible
sans gain ni perte et la mobylette se fige dans une attente sublimée.
Un dessin au graphite au mur d’un nœud de serpents entremêlés clôt
et referme la salle sur une nouvelle interrogation sensuelle qui
s’oppose à celle du film : « Ici, la nature ne crée pas d’espace, elle
l’étouffe. Car le corps dans son essence est bloqué par ses propres
limites. » Myriam Mechita.
exposition du 31 mai au 21 septembre 2008
tous les jours de 14h à 18h sauf les 14 juillet et 15 août
rencontre avec Myriam Mechita samedi 31 mai à 14h